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Le dilemme entre acheteur et vendeur qui consiste à décider si l'acheteur paye avant ou à la réception d'une marchandise est exacerbé par le commerce international. En effet, acheter de la marchandise en Chine par exemple implique énormément de risque en regard d'un l'approvisionnement adéquat en terme de délais, de qualité, de quantité, etc. Stratégie essentielle en matière de Gestion des Approvisionnement, Naji Jammal nous introduit ici à la lettre de crédit bancaire qui permet de sécuriser les achats internationaux.
Compte-Rendu
1) La lettre de crédit : les acteurs
Plusieurs entreprises font face à un dilemme. Le problème est le suivant: tandis que l'acheteur qui acquiert sa marchandise à l'étranger souhaite payer cette marchandise seulement sur réception, le vendeur, de son côté, entend expédier la marchandise seulement après paiement.
Or, cette situation engendre régulièrement ce type de conversation entre l'acheteur et le vendeur : «Envoie-moi ta marchandise, ensuite je vais te payer», tandis que le vendeur répond : «J'ai une meilleure idée : Paye-moi, et ensuite je vais t'envoyer la marchandise» .
Second dilemme : Comment s'assurer que la marchandise que nous allons recevoir sera bien celle que nous avons commandée? L'histoire se répète souvent où les entreprises québécoises qui achètent en Chine (où chez d'autres pays émergents) font presque des prières avant d'ouvrir la boite et vérifier si tout est conforme à la commande.
Aujourd'hui, les banques arrivent à la rescousse par la création d'un instrument financier : «La lettre de crédit». Cette lettre va permettre à l'acheteur de recevoir la marchandise qu'il a commandée et au vendeur d'être payé pour la marchandise qu'il a envoyée.
2) La lettre de crédit : un principe simple
Un contrat d'achat ou de vente est négocié entre l'importateur et l'exportateur, dans lequel l'importateur va payer seulement quand la banque va lui assurer que tout est en ordre, que tous les documents sont en règle et présents et que vous avez bien commandé ce que vous avez reçu.
L'importateur va donc demander à sa banque d'émettre une lettre de crédit documentaire dans laquelle sera exigée à l'exportateur de spécifier la quantité et la qualité du produit. Une fois la lettre émise, l'exportateur sera informé qu'une lettre de crédit est ouverte à son nom.
L'exportateur sachant maintenant qu'il doit répondre à des exigences de quantité et de qualité, va expédier la marchandise à l'importateur. Mais à cette étape, il n'a pas encore été payé. Il doit ensuite récupérer tous les documents nécessaires pour corroborer les demandes de l'importateur (documents de transport, d'assurance, documents de qualité et de quantité, inspections, certifications, etc.) et les remettre à sa banque. Celle-ci va vérifier que ces documents sont entiers et corroborés et va les remettre à la banque de l'importateur qui effectuera ses propres vérifications pour ensuite remettre lesdits documents à l'importateur.
Pendant ce temps, l'exportateur a été payé et l'importateur n'a qu'à récupérer sa marchandise sans se soucier de quoi que ce soit, tout ayant été vérifié selon les exigences de la facture.
De plus en plus d'entreprises québécoises éprouvent cette difficulté de l'achat à l'étranger à moindres coûts qui ne livre aucune certitude quand aux quantités et à la qualité.
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